Formation intégrale et personnalisée

La formation humaine

« Pris du milieu des hommes et établis en faveur des hommes, dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des dons et des sacrifices pour les péchés, les prêtres vivent avec les autres hommes comme des frères. (…) Par leur vocation et leur ordination, les prêtres de la Nouvelle Alliance sont, d’une certaine manière, mis à part au sein du Peuple de Dieu ; mais ce n’est pas pour être séparés de ce peuple, ni d’aucun homme quel qu’il soit ; c’est pour être totalement consacrés à l’œuvre à laquelle le Seigneur les appelle. »

Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, n°3

12661962_967357636646452_3252677210289704765_n

L’objectif de la formation humaine tient en un mot : devenir des saints ! C’est ambitieux, mais pourrait-on viser moins ? Saints, c’est-à-dire unis au Christ en tout notre être par la force du Saint-Esprit, disciples dociles et libres, capables d’écouter, de connaître, de comprendre et d’aimer leur maître et son peuple. Chacun arrive avec son histoire ; tous nous désirons « nous transformer en renouvelant notre façon de penser pour savoir discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (Romains 12,2). Pour trouver Dieu en toute chose nous renonçons à nous chercher nous-mêmes, et en servant le Seigneur par chacun de nos actes, nous renonçons à nous servir nous-mêmes (cf. Matthieu 6,24), puisque « c’est en s’oubliant que l’on se trouve soi-même » (Saint François d’Assise).

La vie communautaire

La vie, c’est concret ! Apprendre à se connaître, cela ne se fait pas avec une feuille et un stylo, c’est une science expérimentale ! Et le laboratoire, c’est le quotidien avec d’autres frères poursuivant généreusement ce même but. Bien sûr, toute notre vie se veut une réponse à l’appel de Dieu, mais l’oraison, le travail intellectuel et la vie apostolique, c’est dans cet humble quotidien, au fil des joies et des épreuves de la vie communautaire, qu’ils révèlent leur vraie valeur, qu’ils manifestent leur fécondité et qu’ils se gravent dans notre humanité pour faire de nous des serviteurs fidèles, vertueux et vigilants. Et qu’un jour Jésus puisse nous dire : « très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur » (Matthieu 25,21).

En savoir plus

Nous n’habitons pas en communauté pour les seules joies que cela nous apporte, car sinon ce n’est pas une communauté que nous formerions, mais une « coloc » ! L’enjeu premier est bien sûr de suivre et servir Jésus pour la gloire du Père. Saint Jean-Paul II va très loin en nous demandant de « revivre l’expérience des Douze unis à Jésus » jadis en Galilée, mais nous rappelle que « la nature profonde du séminaire est d’être, à sa manière, une continuation, dans l’Église, de la communauté apostolique groupée autour de Jésus, à l’écoute de sa Parole, en marche vers l’expérience de la Pâque, dans l’attente de l’Esprit donné pour la mission » (Pastores dabo vobis, n. 60). En cela, la vie communautaire illustre bien toute la formation humaine, qui n’est pas d’abord une thérapie ni un auto-accomplissement satisfait, mais bien « une école du service du Seigneur » (Prologue de la Règle de saint Benoît). Ce n’est pas pour nous-mêmes mais pour Jésus que saint Paul nous exhorte à rechercher « tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges » (Philippiens 4,8).

Les services

Au Séminaire, il n’y a pas d’employés pour faire tourner la maison : préparation des repas, ménage, courses, jardinage, lessive : c’est nous qui faisons tout, et pas pour des raisons économiques (pas seulement !). La rigueur du disciple commence par les petites choses concrètes. Les Maisons sont nos maisons, et nous apprenons à les tenir de façon responsable, durable, avec le souci de rendre service à nos frères et à ceux qui arriveront après nous. C’est aussi très instructif pour chacun d’entre nous, car tout le monde ne sait pas tenir une maison lorsqu’il arrive au Séminaire !

En savoir plus

Parce qu’elles sont d’abord service des frères pour la vie de notre maison, les tâches quotidiennes sont un lieu essentiel de la vie communautaire. Par exemple, préparer un repas, c’est du temps en plus passé avec un frère pour cuisiner, c’est un effort pour offrir aux autres un bon moment, ce sont des choix pour rester raisonnables (budget, temps de préparation), c’est parfois de la peine ou de l’ennui, selon l’humeur du jour, ce sont parfois aussi des petites humiliations et des expériences d’échec… Bref, c’est une bonne école pour qui veut suivre le Christ serviteur — et il en est de même de tous les services !

Le rapport au monde

Pour être ainsi disponibles à la voix du Seigneur et au service de nos frères, un certain retrait du monde est nécessaire. Par lui nous faisons l’expérience que notre humanité ne vit pas seulement de tout ce que le monde peut nous offrir, expérience qui sera décisive pour montrer plus tard au Peuple de Dieu là où se trouvent ses vrais biens. Par exemple, nous ne sortons du Séminaire pour aller voir nos familles et nos amis que le samedi soir et le dimanche, et nous tâchons de préserver l’intimité et le recueillement de la maison en laissant nos téléphones dans nos chambres et internet au-dehors d’elles. Mais nous ne sommes pas non plus coupés du monde ; sensibles à ce que vivent les hommes, nous nous tenons informés de l’actualité, nous apprenons à la comprendre par notre formation intellectuelle, nos apostolats et par la prière d’intercession nous participons aux événements d’aujourd’hui et à toutes les intentions de nos proches.

En savoir plus

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jean 3,16), donc il est impossible de suivre le Christ sans aimer le monde. Mais en même temps, comme tout homme, nous sommes séduits par le monde et nous raisonnons suivant ses valeurs, cherchant toujours un peu la gloire, le savoir, la satisfaction de nos désirs… Comme tout homme, un séminariste cherche un peu à gagner le monde, à gagner sa propre vie, de la façon qu’il s’imagine la meilleure, au risque de perdre son âme (cf. Matthieu 16,26). Mais Jésus seul peut sauver notre humanité, aussi nous adresse-t-il cet appel : « Je vais te séduire, t’entraîner au désert, et là je parlerai à ton cœur » (Osée 2,16), c’est-à-dire à ton intelligence, ta volonté, ton imagination, tes sentiments et tous tes désirs.

S'engager !

« Le véritable ministre du Christ est un homme conscient de sa faiblesse, travaillant dans l’humilité. »

Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, §15

Tout ce que nous vivons au Séminaire sera manifesté au jour où, si le Seigneur le veut et nous le fait savoir par son Église, nous prononcerons devant son peuple le « Me voici » qu’il attend de nous ! Dire « Me voici », c’est se connaître, se présenter et s’offrir à Jésus. C’est accepter qu’à rien de notre vie nous ne devons lui refuser l’accès, car en prenant tout il donne tout ! C’est comprendre que nous sommes appelés non pas à devenir des « Superman », mais à renouveler tous les jours notre choix du Christ, sans relâche mais patiemment, forts du secours de sa grâce. Nous ne cessons pas d’être des hommes, nous n’arrachons pas notre cœur, mais nous l’offrons à Jésus : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Luc 12,34).