Formation intégrale et personnalisée

La formation spirituelle

« La formation spirituelle sera donnée de telle façon que les séminaristes soient préparés à vivre dans la communion continuelle et familière avec le Père, par son Fils Jésus-Christ dans l’Esprit-Saint. »

Concile Vatican II, Optatam Totius, §8.

Le jour où nous nous sommes présentés à la porte du séminaire, c’est avant tout un désir de servir le Christ et de l’annoncer à son Église qui nous animait. Ce désir nous fait marcher jusqu’à l’ordination et bien sûr après ! C’est pourquoi durant tout le séminaire, nous sommes appelés par le Père à entrer dans l’intimité de son Fils, afin de le connaître et de l’aimer toujours davantage, et de répondre fermement, librement et joyeusement « Oui ! » à la question qu’il nous pose chaque jour : « M’aimes-tu ? »

Le prêtre est avant tout un homme de prière qui, pour pouvoir accomplir avec fidélité son ministère, doit avoir à cœur de converser chaque jour avec son Seigneur. C’est pourquoi notre journée est rythmée par des temps de prière variés : eucharistie, oraison, liturgie des heures, chapelet, prières avant et après les repas, etc. À chaque instant, la route sur laquelle nous appuyons nos pas est toujours la Parole de Dieu, l’itinéraire que nous suivons est le cycle liturgique et ses fêtes qui réjouissent toute l’Église, et l’énergie qui nous meut est le pain eucharistique !

L’Eucharistie

L’Eucharistie est le moment essentiel de notre journée ! Chaque jour nous nous retrouvons dans la chapelle du Séminaire ou à l’église Notre-Dame de Chatou, pour, à l’aide de la Parole de Dieu, recevoir le Christ qui s’offre en nourriture. Afin de tourner nos regards vers ce mystère, nous apprenons à soigner la qualité de nos chants et la beauté de notre liturgie pour les soumettre aux réalités divines et éternelles que nous contemplons. Chaque semaine, dans le prolongement naturel de l’Eucharistie, nous participons à l’adoration dans l’église Notre-Dame de Chatou, temps de silence privilégié pendant lequel chacun écoute le Fils de Dieu lui parler du Cœur au cœur.

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Dieu répond à ceux qui l’appellent ! Avec gratitude, nous apprenons à reconnaître les fruits qu’il fait croître en nous par le pain de vie : il nous donne le désir de nous unir à l’offrande du Christ, il fortifie en nous la charité, il augmente l’amour de son Église… La messe doit devenir pour nous un motif quotidien de louange, selon le sens du mot eucharistie : « action de grâces » !

L’oraison

« N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus ». (Philippiens 4, 6-7)

Respiration indispensable au séminariste dans laquelle il retrouve cette intimité avec Christ qui le fait vivre, l’oraison est un petit sanctuaire dans notre journée ! Chaque matin, durant 50 minutes, nous commençons la journée ensemble dans le silence de la prière à l’écoute de la Parole de Dieu. À la question « Qu’est-ce que l’oraison ? », sainte Thérèse d’Avila répond : « L’oraison mentale n’est, à mon avis, qu’un commerce [ndlr. un dialogue] intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé ». C’est ce que nous apprenons à faire, avec fidélité, quelles que soient les épreuves ou la sécheresse de la rencontre.

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La contemplation de la Parole de Dieu s’étend à toute la journée. Par la lecture continue de la Bible (dans la continuité de la lecture complète que nous en avons faite à la Maison Saint-Jean-Baptiste), nous nous imprégnons de sa richesse, nous explorons son univers, nous apprenons à « la parler comme notre langue maternelle ». En retour, elle devient un lieu familier pour l’oraison, dont « la méditation met en œuvre la pensée, l’imagination, l’émotion et le désir. Cette mobilisation est nécessaire pour approfondir les convictions de foi, susciter la conversion du cœur et fortifier la volonté de suivre le Christ » (CEC2708).

La Liturgie des heures

La célébration de la Liturgie des heures (le « bréviaire ») est un merveilleux trésor de la tradition de l’Église, que quelques années de séminaire ne suffisent pas à épuiser ! Grâce à elle, les chrétiens consacrent les heures du jour et de la nuit à Dieu, afin que l’œuvre quotidienne de l’homme en soit constamment irriguée et placée sous le regard du Créateur. Au séminaire, nous chantons ensemble trois offices : les laudes, louange du Seigneur au matin, les vêpres, offrande de notre journée le soir, et les complies, abandon au Père avant d’aller dormir. Le chant des psaumes façonne notre cœur selon la Parole de Dieu et affermit l’unité de notre communauté, de sorte que notre intercession pour toute l’Église monte vers Dieu.

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Avec l’eucharistie, la liturgie des heures est le lieu d’unification de toute notre formation autour du Christ. Tâchant d’y être présent avec tout notre être, intelligence, volonté, affectivité, corps, nous y contemplons le mystère de Dieu scruté dans les études, nous y puisons la charité qui nous fait mûrir et vivre en communauté, nous y présentons nos prières pour ceux à qui nous sommes envoyés en apostolat : bref, nous entrons dans l’intimité de la Trinité, grâce en particulier aux psaumes qui sont à la fois une prière au Christ et une prière du Christ au Père.

L’accompagnement spirituel

Lorsqu’avec obéissance nous écoutons ce sage conseil de l’Église qui nous recommande d’écouter l’expérience d’un ancien, Dieu fait descendre par la Parole de ce guide un nombre inestimable de récompenses à ses fils confiants ! Toutes les deux semaines, nous rencontrons chacun un prêtre qui nous est proposé pour deux ans parmi des prêtres expérimentés du diocèse nommés spécifiquement par l’évêque pour cette mission. Devant lui, nous apprenons à mettre des mots sur tous les multiples « états d’âme » que nous traversons, nos désirs profonds, leur croissance, leur transformation, et nous les lui présentons en toute confiance. Et lui, en témoin extérieur, nous aide à relier les grandes évolutions intérieures et à en remarquer la cohérence interne, ce qui nous donne l’intelligence nécessaire pour entendre l’appel du Seigneur et y répondre.

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Mais devant Dieu, chaque séminariste et son père spirituel sont aussi côte-à-côte : l’appel de Dieu est un mystère aussi grand pour l’accompagnateur que pour l’accompagné ; ses encouragements sont ceux d’un frère aîné qui est passé lui aussi par les étapes du discernement ; sa prière partage et soutient la progression du séminariste. Être accompagné, c’est apprendre à reconnaître comment l’Esprit de Dieu guide l’existence vers une relation toujours plus filiale au Père et un compagnonnage de plus en plus étroit avec Jésus, maître mais surtout ami, dont la voix interpelle : « Toi, suis-moi pour être avec moi, et pour le bien de tes frères ».

La vie communautaire

Pour le séminariste désireux de servir l’Église, impossible de séparer l’intimité avec Dieu de la vie des chrétiens ! C’est dans l’intimité du cœur de chacun que croît l’amour de Dieu, mais c’est bien toute la communauté du séminaire qui porte cette marche personnelle. Évidemment, c’est dans la liturgie que cette prière communautaire est la plus manifeste. Mais lorsque nous nous confions nos intentions de prières, lorsque nous partageons les motifs d’action de grâces que Dieu nous a offerts, lorsque nous partons ensemble pour quelques jours de retraite, ou tout simplement lorsqu’ensemble nous rythmons nos journées par la prière, c’est mutuellement que nous nous encourageons dans cette marche parfois difficile, et nous élargissons nos regards sur la générosité du mystère de Dieu. Et lorsqu’au petit matin, dans l’obscurité de la chapelle, nous descendons engourdis pour l’oraison, la présence des autres peut être d’un grand secours !

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« La formation spirituelle apprend aussi à chercher le Christ dans les hommes. La vie spirituelle est certes vie intérieure, vie d’intimité avec Dieu, vie de prière et de contemplation. Mais justement, la rencontre avec Dieu et avec son amour de Père de tous les hommes entraîne l’exigence inévitable de la rencontre avec le prochain, du don de soi aux autres, dans le service humble et désintéressé que Jésus a proposé à tous comme programme de vie en lavant les pieds de ses Apôtres : “je vous ai donné l’exemple, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous” (Jn 13,15) » (St Jean-Paul II, Pastores Dabo Vobis, n°49)